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Northern Mariana Islands

Les Mariannes du Nord forment un archipel entre l'océan Pacifique et la mer des Philippines, à l'est des Philippines 2600 km au sud, et au sud du Japon 2300 km à l’ouest. Approximativement équidistant de la Chine, du Japon, des Philippines et de la Nouvelle Guinée, il doit, à sa position stratégique, une histoire tumultueuse avec un rôle de premier plan lors de la 2éme Guerre Mondiale. Guam, qui fait partie de cet archipel environ 300 km au sud, constitue un territoire à part (voir à ce nom). Aujourd’hui ces îles, dont le nom officiel est « Commonwealth of the Northern Mariana Islands » ou CNMI, sont administrées par l’Office of Insular Affairs (OIA), une division du ministère de l’intérieur US, qui gère les territoires américains « non incorporés et non organisés » comme les Samoa américaines et Guam. Bien qu’administrés par un gouverneur autochtone, élu au suffrage universel pour quatre ans, ils ne sont pas considérés comme états à part entière.

Formé de quinze îles coralliennes semées sur 600 km juste à l’ouest de la Fosse des Mariannes, l’archipel occupe 477 km². Les îles principales sont Saipan (122 km²) où se trouvent l’aéroport international et la capitale Chalan Kanoa, Tinian (101 km²) et Rota (83 km²). Elles concentrent la majorité des 87000 habitants. Les autres îles sont très peu peuplées. Les mariannais, majoritairement catholiques, forment aujourd'hui une communauté très cosmopolite avec les ethnies indigènes, chamorros (parlant une langue vieille de plus de 5000 ans, voisine des langues pratiquées dans le sud-est asiatique, très influencée par l'espagnol et le japonais) et caroliniens, originaires des îles Carolines en Micronésie. Philippins, chinois, coréens, américains, micronésiens, japonais et même mexicains complètent ce melting pot attachant.

Ces îles exciteront la curiosité du voyageur aimant les destinations à part et hors des sentiers battus, prêt à découvrir une Amérique ô combien exotique, notamment à l’occasion d’un tour du monde ! Car malgré le temps passé en avion, quelle récompense ! L’archipel séduit les touristes avec sa végétation luxuriante, ses plages de carte postale, les eaux translucides de son monde sous-marin où l’on peut même marcher si on ne sait pas plonger, la culture locale au carrefour d’influences de l’Asie, du Pacifique et de l’Amérique, et les souvenirs liés à la Guerre du Pacifique, un cadre idéal pour se poser entre nature vierge et farniente en humant le parfum de l’histoire. Perdu dans le Pacifique, son accès se mérite avec de nombreuses heures de vol, soit en venant de Californie ou de Honolulu, soit d’Asie. C’est le genre d’escale à insérer immanquablement lors d’un tour du monde.

Les îles du sud sont des plateaux calcaire frangés de récifs coralliens. Celles du nord sont d’origine volcanique avec des volcans actifs sur les îles d’Anatahan, Pagan et Agrihan. Le volcan d’Agrihan est le plus haut sommet de l’archipel avec ses 965 mètres. Le cratère oriental de la petite île d’Anatahan, 130 km au nord de Saipan, s’est réveillé en 2003 et produit des éruptions sporadiques depuis, comme en avril 2005. La pêche est, avec le tourisme, la ressource principale. La proximité de la fosse des Mariannes est un atout indéniable pour le tourisme local. Les plus profonds fonds sous-marins de la planète, mesurés à près de 11000 mètres à la frontière de deux plaques tectoniques, passent en effet à l’est des îles. Depuis le 6 janvier 2009, ils sont protégés par le Mariana Trench Marine National Monument, l’une des rares bonnes idées du gouvernement de George W. Bush.
La température est remarquablement stable, l’air avoisinant les 29° tandis que l’océan est à 28°. Bien sûr, avec une latitude légèrement au nord de l’équateur, l’humidité est toujours importante, à peine atténuée par les alizés.

Les Mariannes furent peuplées par des voyageurs venus en pirogue du sud-est asiatique, il y a plus de 3000 ans. La culture latte disparue a laissé des traces élaborées de constructions en pierre, avec des blocs pesant plusieurs tonnes transportés depuis les carrières sur plusieurs miles, preuve d’une société complexe et prospère (une pierre de latte décore d’ailleurs le drapeau de l’archipel). Mais, au moment où Magellan accoste en 1521 lors du tour du monde qui lui sera fatal, plus personne ne se souvient de ses origines. Il baptisera l’archipel, les Iles aux Voleurs, les locaux n’ayant pas le même sens de la propriété que les européens… La colonisation espagnole décimera les populations locales, les chamorros, au XVII et XVIIe siècles, en déportant de nombreux chamorros à Guam, alors que les îles sont un point de ravitaillement entre la Nouvelle Espagne, la Chine et les Philippines. Les survivants se mélangent avec les colons espagnols ou mexicains et les tagalogs philippins en adoptant la religion catholique. Au début du XIXe siècle, les espagnols autorisent un retour d’un groupe indigène à Saipan. Comme à Guam, les 300 ans de domination espagnole influencèrent de manière irréversible culture, traditions religieuses, patronymes et toponymie. A l’issue de la guerre hispano-américaine en 1898, l’Espagne ayant dû céder Guam aux Etats-Unis, vend les autres Mariannes (d'où leur nom de Mariannes du Nord, Guam étant plus au sud) à l’Allemagne en 1899. Les Allemands ne colonisèrent que fort peu l'archipel, car ils n'y installèrent jamais plus d'une vingtaine de fonctionnaires permanents. Ils autorisèrent la pratique des cultures autochtones et ne s'opposèrent pas à l'emploi de leur langue, tout en introduisant l’agriculture scientifique et le concept de propriété, inconnu des autochtones comme l’avait constaté Magellan. Après la Première Guerre Mondiale, les Mariannes allemandes passèrent sous mandat japonais, par décision de la Société des Nations. L’empire du Soleil Levant y installa jusqu'à 20000 colons, cultivant la canne à sucre, et des pêcheurs. L'occupation japonaise fut difficile à supporter pour les insulaires, les japonais interdisant les langues locales et se montrant particulièrement brutaux. A cette époque, apparurent même des panneaux de signalisation routière en japonais. Les nippons ne voulurent pas rétrocéder les îles après avoir quitté la SDN en 1935. Lors de la Seconde Guerre Mondiale, les îles furent conquises très difficilement par les Etats-Unis, au prix de combats sanglants. L’état major US voulait en faire des bases aériennes pour leurs nouveaux bombardiers à long rayon d’action et enfin attaquer le Japon sur son sol. Les pistes d’envol de Tinian furent terminées dès octobre 1944. Les B-29 Superforteresses du 21st Bomber Command allaient démarrer leur terrible campagne de raids incendiaires sur les villes japonaises. Mais celle-ci allait s’avérer insuffisante. Il faudra les deux bombes atomiques, (Little Boy lancée par l’Enola Gay le 6 août sur Hiroshima puis Fat Man larguée par Bockscar le 9 août sur Nagasaki) pour que le Japon rende enfin les armes. Un temps administré par l’US Navy puis par les Etats-Unis sous mandat de l’ONU avec d’autres îles (comme les Marshall, connues pour leurs champs de bataille de la Guerre du Pacifique et pour les tirs atomiques de Bikini), l’archipel opta pour le statut d'«état associé aux États-Unis» qui détiennent encore une importante base militaire à Saipan. Le gouvernement local adopta des mesures pour assurer la sauvegarde, la protection et le maintien des cultures traditionnelles dont les langues chamorro et carolinienne en adoptant une politique de trilinguisme (avec l’anglais of course !). Parmi les institutions créées, on note : le Conseil du Commonwealth pour les arts et la culture (The Commonwealth Council for Arts and Culture – CCAC), le Bureau du patrimoine historique (Historic Preservation Office), la Commission pour l'utilisation des langues chamorro et carolinienne (The Chamorro/Carolinian Language Policy Commission) et le Musée de l'histoire et de la culture des Îles Mariannes du Nord (CNMI Museum of History and Culture).

Les trois îles principales, Saipan, Tinian et Rota, sont celles qui bénéficient de la meilleure infrastructure pour explorer leurs écosystèmes préservés, mis en valeur par des sentiers de randonnées terrestres ou sous-marins, et profiter de leurs beautés naturelles. Hôtels et compagnies locales organisent des tours, centrés sur l’action et l’aventure douce. On peut aussi chiner l’artisanat insulaire au marché de Garapan et apprécier le sens de la fête local lors de spectacles de danse et de musique traditionnelles donnés dans les restaurants ou, selon un calendrier riche en nombreux festivals, carnavals et fêtes, notamment au mois de mai ou en juillet lors de la Fête de la Libération. La Tinian Fiesta ou la San Francisco De Borja Fiesta à Rota sont aussi très suivies, autant d’occasions de côtoyer la population locale et constater sa convivialité. On goûtera aussi à la gastronomie des îles. Impossible de résister à l’apigigi, un délicieux dessert fait de noix de coco enveloppée de feuilles de banane…



Les Iles du Nord

Les Iles du Nord, plus compliquées d’accès à moins de privatiser bateau, avion ou hélicoptère ou de s’inscrire sur un tour organisé, quasiment inhabitées en dehors d’Agrigan et Pagan, sont idéales pour se retirer loin du monde, en sachant que vous serez peut-être les premiers à vous y poser. Plages de sable noir, volcans actifs, formations rocheuses fantasmagoriques, faune abondante seront le cadre de vos randonnées, baignades et plongées. Attention, il faut aimer camper dans des conditions rudimentaires car il n’y a pas d’eau douce disponible ;
tout (matériel et ravitaillement) devant être amené sur place.



Saipan

Saipan est l’île la plus grande des Mariannes du Nord (tout est relatif : 13 miles de long sur 6 de large) et la plus peuplée. Sa côte ouest est presque entièrement bordée d’un récif corallien formant un lagon frangé de plages blanches. Toute l’île est extrêmement marquée par les batailles de la Seconde Guerre Mondiale qui vit les japonais se suicider en nombre pour la première fois, compte tenu de la présence importante de colons civils. Islan Maigo Fahang ou Bird Island est une réserve naturelle, nichée dans une baie couleur émeraude. Banadero Cave's est une grotte de calcaire où s’était retranchée la dernière poche de résistance japonaise. Tanks, canons et autres reliques y sont exposés. La Grotto, grotte de calcaire connectée à l’océan par des passages sous-marins, est un must pour des plongeurs expérimentés. Vous serez impressionné par Laderan Banadero (la falaise du suicide), un
à-pic où les japonais se jetaient dans l’océan plutôt que de se rendre ou encore Puntan Sabaneta (la falaise Banzai), des sites qui se passent de commentaires mais illustrent l’âpreté des combats. Suivez Marpi Pathway, un sentier jalonné de monuments aux morts. Managaha Island est un autre spot vierge où l’on se rend en bateau à fond de verre. Du sommet du Mont Tapochau, vous aurez un panorama à 360° sur l’île et l’océan. Le Northern Marianas Islands Museum of History & Culture, logé dans l’ancien hôpital japonais, raconte 4000 ans d’histoire et la vie dans les Mariannes d’autrefois, avec des objets datant de l’époque chamorro et carolinienne, périodes espagnole, allemande, japonaise, expositions sur la 2éme Guerre Mondiale. La collection permanente montre des reliques de l’épave du vaisseau espagnol Nuestra Senora de la Concepcion, coulé en 1638. Enfin, ne manquez pas le coucher de soleil en arpentant le Beach Road Pathway. La flore locale est mise en valeur au superbe Saipan Botanical Garden.



Tinian

Moins développée et moins fréquentée que Saipan, Tinian mérite qu’on s’y intéresse. Près du port, vous ne pourrez manquer à San José, les énormes pierres de latte gravées à la main de la Maison de Taga, un chef légendaire. Au nord de l’île, l’énorme North Field, aujourd’hui abandonné, était le terrain d’aviation d’où s’envolèrent les bombardiers du 509éme Composite Group, à destination de Hiroshima et Nagasaki. On voit encore les Atomic Bomb Pits, creusés pour charger plus facilement les bombes atomiques dans les Superforteresses, et de nombreux autres ouvrages militaires de l’époque. Du sommet du Mont Lasso, belle vue sur l’île.



Rota

Rota possède un caractère différent, on ose dire plus exotique ou plus authentique. Allez vous rafraîchir au Swimming Hole, un site apprécié des locaux. Juste au nord de l’aéroport, découvrez comment les anciens chamorros taillaient leurs pierres de latte à la Taga Stone Quarry. Le Sagua'gaga Seabird Sanctuary abrite des milliers d’oiseaux marins. Le Taisacana's Botanical & Nature Trail permet d’approcher culture et flore locales avec nombre de végétaux endémiques. Le Rota Cave Museum, à 1 mile de Songsong, est un musée privé, à l’entrée d’une caverne, exposant des objets allant de la période chamorro à la Seconde Guerre Mondiale, en passant par les espagnols. A l’entrée de Song Song, stoppez à Pinatang Park, un parc marin aux chenaux multiples conduisant à l’océan. Visitez Tonga Cave, une énorme grotte naturelle décorée de douzaines de stalactites et stalagmites. Les cocotiers de Tweksberry Park attendent que vous les passiez en revue avant de poursuivre ensuite vers l’est, vers Sasanhaya Bay pour une vue superbe sur le Mont Tapingot, surnommé le gâteau de mariage. Incongrus, deux canons japonais y subsistent.
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