A ce jour, cet état n'est pas encore membre du Visit USA Committee/France. C'est pourquoi vous ne trouverez qu'une information limitée.
Jusqu’à l’arrivée des blancs, indiens chickasaws, shawnees et autres cherokees se disputaient la région pour contrôler ses voies de communication, que ce soit les cols des Appalaches ou les rivières comme la Cumberland ou l’Ohio. En 1739, venue du Canada, l’expédition militaire contre les chickasaws de Charles de Longueuil (l’un des membres de la famille Le Moyne) permit au jeune Joseph-Gaspard Chaussegros de Lery d’établir l’un des premiers relevés cartographiques et aux mêmes français de découvrir le site préhistorique de Big Bone Licks. Plus tard, le col de Cumberland Gap, exploré dès 1750 par Thomas Walker, devint la route de pénétration vers l’ouest de la région, surnommée plus tard Transylvania par les anglo-saxons, la plus importante des Appalaches. On estime que 100000 personnes au moins y passèrent entre 1775 et 1795. La colonisation vers l’ouest et les frictions avec les indiens s’intensifiant, c’est à cette période que va se rendre célèbre Daniel Boone. Ce gentleman trappeur aventurier, devenu une légende vivante, fut l’un des tous premiers héros américains par excellence, particulièrement chéri des américains. En 1769, il sera le premier à voir la région de Bluegrass du sommet de Pilot Knob, avant d’ouvrir en 1775 la Wilderness Trail et de fonder Fort Boonesborough qui sera assiégé par les indiens, alliés des anglais lors de la Guerre d’Indépendance. On en visite aujourd’hui la réplique, près de Richmond, où sont données diverses reconstitutions. Le Kentucky devient le quinzième État de l'Union, et le premier à l'ouest des Appalaches en 1792, en étant séparé de la Virginie de l’époque et avec qui les liens étaient naturellement distendus. 150 ans après le début de la Guerre de Sécession, on dirait qu’il n’a toujours pas décidé s’il était nordiste ou sudiste… ! Assez ironiquement, les deux adversaires, Abraham Lincoln et Jefferson Davis, sont natifs du Kentucky. A l’époque, même si la culture du coton était beaucoup plus faible qu’ailleurs, à l’inverse du tabac (aujourd’hui, l’état produit 70% du tabac Burley, voir « Révélations », film de 2000 avec Al Pacino et Russell Crowe), les cultivateurs utilisant les esclaves s’opposaient aux marchands, ayant tout à gagner de l’activité industrielle des villes du nord. Mais tout n’étant pas aussi simple, de nombreux petits fermiers, n’ayant pas les moyens de s’offrir des esclaves, voyaient d’un mauvais œil le système des plantations et préféraient donc le nord… Le Kentucky se déclara finalement neutre ce qui n’empêcha pas près de 90000 « kaintucks » de rejoindre les troupes fédérales alors que seulement 40000 rallièrent le sud. Après la Guerre, l’état fut très réticent à la politique de Reconstruction.
Géographiquement, le Kentucky a de nombreux points communs avec son voisin du Tennessee. Etiré d’est en ouest, il est surtout composé de plateaux appalachiens montagneux culminant à 1300 mètres. Austère et sauvage, la région fut une grande productrice de charbon et son activité minière a donné lieu au grand documentaire « Harlan County USA » sur les grèves de mineurs des années 70.
Plus à l’ouest, le Bluegrass Downs est un secteur de collines bordé au nord par l’Ohio, où se sont développées les villes les plus dynamiques, enfin on trouve des plaines arrosées par des rivières, souvent domestiquées dans le cadre des programmes de la Tennessee Valley Authority durant les années suivant la Dépression. Ce sont les boutons de fleurs au milieu de la tapisserie herbeuse de ses prairies prenant des reflets azur métallisé au petit matin du printemps en avril et mai qui lui vaut son surnom de Bluegrass state. Les premiers pionniers, qui avaient traversé les 150 miles de ce qui est aujourd’hui la Daniel Boone National Forest, étaient tout surpris de voir que ce paradis qu’il découvrait, était dédaigné par les indiens. On découvrit bien plus tard que le phénomène était dû à la pauvreté des sols causant des maladies osseuses.
Bien après « My Old Kentucky Home » du compositeur Stephen Foster qui avait une maison de campagne à Bardstown, inaugurant une longue litanie de chansons sentimentales, le terme bluegrass désigne aussi le nom d’une musique locale, une branche de la musique country. Bill Monroe, originaire de Rosine, en est considéré comme le fondateur. Avec ses Blue Grass Boys, il allait connaître la gloire éternelle avec « Blue Moon of Kentucky ». Ce classique de la country allait être repris par d’innombrables interprètes, dont Elvis Presley en personne qui allait offrir sa contribution personnelle et assez moyenne selon nous, avec « Kentucky Rain ». La Bluegrass puiserait ses origines dans la fusion des traditions musicales américaine et anglo-irlandaise jouées au fin fond des Appalaches depuis l’époque pionnière. Elle était largement utilisée par les frères Coen dans l’inénarrable « O Brother ». Il est donc finalement logique que la région soit une grande pourvoyeuse de musiciens country, comme Loretta Lynn et sa soeur, Crystal Gayle, Patty Loveless, Dwight Yoakam, Billy Ray Cyrus…
Pour arroser ce succès, vous prendrez bien un petit verre ?! Car le Kentucky a une seconde icône qui n’appartient quasiment qu’à lui, le bourbon américain. L’état est considéré comme son berceau, en particulier le comté de Bourbon. Des émigrants écossais et irlandais, en manque de leur boisson préférée s'installant dans la région au début du XIXe siècle, fondèrent les premières distilleries. Comment ce breuvage emblématique a-t-il pu avoir un nom aussi français ?! Vous le saurez en suivant la Bourbon Trail, une route touristique allant de village en village, occasion d’explorer la campagne locale et ses gracieux villages. Mais attention, les comtés « secs » sont majoritaires dans l’état, un paradoxe de plus... Les distilleries, où l’on vous apprend tout de la distillation du maïs, de l’eau utilisée, du processus de fermentation ou des barriques de chêne, sont au nombre de huit : Buffalo Trace Distillery (dans la capitale Frankfort), la plus ancienne en opération du pays, eut le privilège d’être autorisée à produire du bourbon pour des raisons médicales, pendant la Prohibition …, Four Roses et Wild Turkey de Lawrenceburg, les marques les plus connues en France avec Jim Beam Distillery à Clermont et Maker's Mark près de Loretto, Tom Moore Distillery et Heaven Hill à Bardstown, enfin Woodford à proximité de Versailles (il n’y a pas de hasard…), le bourbon officiel du Kentucky Derby.
Car, on en arrive au troisième emblème du Kentucky, le pur sang. Il se trouve que ces chevaux racés et élégants adorent son herbe bleue et n’ont pas besoin d’aller voir ailleurs si elle est plus verte… Et ce, même si l’on n’a pas fumé le tabac local. Des centaines de haras, aux pâtures cernées de barrières immaculées sur des kilomètres, élèvent des milliers de chevaux racés dans un décor bucolique, notamment dans la région entourant Lexington. C’était dans l’un de ces prés digne de « Green green grass of home » que se terminait la carrière du truand joué par Sterling Hayden dans « Quand la Ville Dort ». Depuis 1875, chaque premier week-end de mai, le Kentucky Derby est la conclusion de la manifestation équine numéro un des Etats-Unis, les deux semaines du Kentucky Derby Festival. Le monde entier se presse aux Chuchill Downs, le champ de course de Louisville, pour assister à la plus grande course de chevaux de la planète avec le Derby d’Epsom. Il faut aussi rendre hommage au « colonel » Harland Sanders, inventeur d’une recette de poulet frit aux onze herbes aromatiques, aux secrets jalousement gardés, et qui a fait la renommée de Kentucky Fried Chicken. On ne peut pas non plus passer sous silence la légendaire Corvette, l’une des voitures mythiques de l’Amérique, produite depuis 1981 à Bowling Green, et qui y a un musée rien que pour elle, retraçant sa carrière prodigieuse depuis 1951.
Une histoire et une position charnière ainsi qu’une riche culture populaire ont donné au pays une pléthore de célébrités dans tous les domaines, du juge Roy Bean à James Bowie, de Kit Carson à Zachary Taylor, de Mohamed Ali à George Clooney, de Lionel Hampton à Johnny Depp, en passant par un nombre de chanteurs et musiciens impressionnant, comme on l’a déjà noté. Enfin, sachez que c’est à Fort Knox que repose bien gardé le bas de laine en or de la réserve fédérale qui attirait la convoitise de « Goldfinger » dans l’une des aventures les plus marquantes de l’agent 007.
N’espérez pas visiter le si rural Kentucky avec les transports en commun. Les bus utilisent principalement les interstates desservant les villes principales, Louisville, ainsi nommée par son fondateur le fameux George Rogers Clark en l’honneur de Louis XVI, et Lexington. Pour rejoindre Mammoth Cave National Park et ses centaines de kilomètres de grottes souterraines, vous seriez obligé de changer au moins deux fois et de finir à pied ou en stop… Rien ne remplacera donc la voiture. Cincinnati ou Pittsburgh, reliées à Paris par des vols non stop, seront les meilleures portes d’entrée aériennes.
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