A ce jour, la Caroline du Sud n'est pas membre du Visit USA Committee / France. C'est pourquoi vous ne trouverez qu'une information limitée à son sujet.
La Caroline du Sud, la plus méridionale des 13 provinces anglaises originelles qui se situe au terminus de la « King's Highway » descendant de Boston, est très marquée par sa tradition indépendante et son appartenance sudiste. Le 8ème état fondateur fut le théâtre de nombreux combats lors de la Guerre d’Indépendance comme à Kings Mountain ou Cowpens, ou la guérilla menée contre les anglais par Francis Marion, le légendaire « renard des marais » dont la saga romancée était racontée dans « Le Patriote » avec Mel Gibson. Ce fut aussi le premier à faire sécession en 1860. Et la Caroline du Sud allait mettre du temps à s’en relever...
On trempe donc souvent en permanence dans cette ambiance typiquement sudiste où l'on lutte contre la moiteur et l’alanguissement ambiants à coup de Mint Julep ou de Southern Comfort selon l’heure de la journée, en paressant dans un rocking chair sous les pales fatiguées d’un ventilateur agitant faiblement les rubans de mousse espagnole ou de l’envahissant kudzu… La simplicité rurale du piémont intérieur venant buter contre les Appalaches où fut tourné à la frontière de la Géorgie « Délivrance » dans les gorges de la Chattooga River, n’attire pas particulièrement le tourisme classique.
Columbia, la ville principale et la capitale, possède, malgré les dommages de la guerre civile, quelques beaux bâtiments anciens. Le capitole actuel n’a été inauguré qu’en 1903. Le contraste n’en est que plus manifeste lorsque l'on se dirige vers la côte Atlantique.
Au « bas pays » alternent l’architecture au cachet colonial magnifiquement préservé de bijoux (Charleston ou Georgetown), et des enclaves touristiques bardées de parcours de golf et de courts de tennis.
Dans l’arrière pays, les marécages constituent le lieu de paresse de l’alligator tandis que les plages kilométriques telles que le Grand Strand (longue de 60 miles) sont parfois fréquentées par des tortues de mer. La côte est assortie de stations balnéaires populaires à l’ambiance de fête foraine comme Myrtle Beach, ou plus sélectes comme Hilton Head, et bénéficiant du climat subtropical, caractérisé par des fleurs en quantité, palmeraies, jungle et mangrove.
Les îles, refuges des riches échappant aux moustiques et à la malaria au XVIIIe siècle, furent le foyer de la culture gullah, née des anciens esclaves noirs évadés des plantations pendant la Guerre de Sécession. Elles sont aujourd’hui autant d’occasion de farniente, de camping, de baignade ou autres activités sportives.
Les trois coups de la « guerre entre les états » furent donnés à Fort Sumter, au milieu de la magnifique rade de Charleston, lorsque la garnison fédérale se rendit à Pierre Gustave Toutant de Beauregard en 1861.
Charleston, bâtie au bout d’une péninsule entre deux rivières, est aujourd’hui sans doute la plus élégante des villes coloniales américaines avec ses centaines d’églises et quartiers historiques. Avec ses environs particulièrement riches, elle mérite le voyage à elle toute seule. On peut aussi facilement l’incorporer dans un triangle avec Atlanta et Savannah par exemple. On la parcourt à pied ou en calèche en méditant sur les fortunes bâties sur le commerce triangulaire... Elle est animée par de nombreuses manifestations culturelles et sportives, et par des festivals. Il faut donc réserver à l’avance.
C’est aussi à proximité de Charleston que s’illustra, lors de l’assaut sur Fort Wagner à Morris Island en 1863, le 54ème Régiment d'Infanterie du Massachusetts, l’un des premiers corps de l’armée américaine formés par des noirs dont l’épopée fut retracée par le film « Glory ». La région est aujourd’hui le paradis du golf. Vous pourrez ainsi voir ou revoir, pour vous en convaincre, « La Légende de Bagger Vance » de Robert Redford, avec Will Smith et Matt Damon, tourné à Beaufort et sur Kiawah Island, au sud de Charleston. Le centre bien conservé de Beaufort, au sud de Charleston, servit de décor à de nombreux autres films dont « Les Copains d’Abord » en 1983, « Le Prince des Marées » ou « Forrest Gump ».
Qui dit Sud, dit "Plantations". Qu’elles soient de riz, d’indigo ou de tabac, les plantations de Caroline ne jouissent pas de la notoriété de leurs cousines de Louisiane et du Mississippi. Pourtant, nombreuses sont celles qui, classées au National Register, méritent le détour, que ce soit pour leur histoire, leur décor suranné ou pour profiter parfois d’un hébergement en B&B de charme qui vous fera rêver, avec nostalgie, aux fastes sudistes d’autrefois.
On recommande particulièrement, 12 miles au sud de Georgetown, Hopsewee Plantation, remontant à 1780 et propriété de l’un des signataires de la Déclaration d’Indépendance, mais aussi Boone Hall Plantation au sud de Charleston ou Drayton Hall.
De retour sur la côte, la petite ville de Port Royal illustre les luttes franco-espagnoles et le souvenir du capitaine Huguenot, Jean Ribaut, qui connut une fin cruelle aux mains des espagnols à Fort Caroline en Géorgie.
Selon l’itinéraire envisagé, les meilleures portes d’entrée aériennes sont Atlanta ou Charlotte, voire Washington D.C., beaucoup plus au Nord. Charleston est reliée directement par avion à Atlanta et Philadelphie par exemple.
L’état est très peu sillonné par les interstates. Il faut donc accepter de prendre son temps, voire d’en perdre.