Nichée autour de la place du tribunal, Holly Springs semble être restée dans une capsule de temps comme disait Andy Warhol. Quintessence du village sudiste, on félicite Robert Altman de l’avoir dénichée pour y tourner « Cookie’s Fortune » en 1999.
Elle aurait changé 62 fois de mains pendant la Guerre de Sécession. A part ça, pas grand-chose à signaler comme s’évertue à le démontrer le Marshall County Historical Museum, le touchant musée local (220 E College Avenue). Ah si, tout de même, Graceland Too (200 E Gholson Avenue) est un étonnant hommage au King. Paul Mac Leod a fait de sa demeure un sanctuaire ouvert 24h/24h avec une collection rassemblée sur plus de 40 années, l’œuvre d’une vie poursuivie par son fils, Elvis Aron Presley Mc Leod... Objets rarissimes côtoient le merchandising le plus kitsch avec des mannequins vêtus comme Elvis et Priscilla, mais le propriétaire, qui est aussi le guide, insiste sur son travail permanent d’archivage et de référencement.
Dans un autre style, Walter Place Estate, Cottages & Gardens fut la résidence du Général Grant et de Madame en 1862, pendant la Guerre de Sécession. Cette résidence allie styles greek revival et gothique.
Sur les lieux mêmes des ventes aux enchères d’esclaves, la Shaw University était destinée à l’éducation des noirs affranchis et libérés. Pour rester sur le sujet, la fondation du Rust College remonte à 1866. Renommée en 1890 pour honorer Richard Sutton Rust, un éducateur local, cette fondation possède 400 pièces d’art africain dont une importante collection de sculptures et de masques. On trouve d’autres collections au Ida B. Wells Barnett Museum. Artistes africains ou noirs américains sont à l’honneur dans cette historique bâtisse antebellum de style greek revival, appelé Spires Bolling Home et lieu de naissance de la journaliste activiste. Le Yellow Fever Martyrs Church Museum, abrité dans l’église homonyme, raconte l’épidémie de fièvre jaune qui ravagea la région en 1878.